Partie 1 : Le bonheur. Chapitre 9
Écrire le majestueux chapitre final de sa vie [9.2]

9.2 Lutter jusqu’au bout avec un inlassable esprit de défi

À travers l’étude du profond enseignement du bouddhisme sur la jeunesse perpétuelle et l’éternité de la vie, le président Ikeda parle de l’immense valeur que représente le temps de la vieillesse.

Le combat contre la vieillesse est en réalité un combat contre la peur de relever de nouveaux défis. Le processus de vieillissement opère plus rapidement chez ceux qui commencent à penser qu’ils en ont fait assez, qui n’ont plus à cœur de soutenir des successeurs, et qui restent attachés au passé. Ceux qui se lancent inlassablement des défis jusqu’au bout sont les personnes les plus admirables et les plus jeunes qui soient. Elles resteront toujours jeunes et seront les véritables vainqueurs dans la vie. On peut penser ici à l’écrivain allemand Johann von Goethe (1749-1832) qui avait plus de quatre-vingts ans quand il acheva son chef d’œuvre Faust.

Le président-fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, n’a lui-même jamais cessé d’avancer et de se dépasser jusqu’à la fin de sa vie. Il a rencontré le bouddhisme de Nichiren à l’âge de cinquante-sept ans puis, à cinquante-neuf ans, il a fondé la Soka Kyoiku Gakkai (Association pour une éducation créatrice de valeurs ; précurseur de la Soka Gakkai). Aux alentours de soixante-dix ans, il prenait encore le train avec enthousiasme jusqu’à Kyushu pour encourager des pratiquants et partager le bouddhisme. Une de ses expressions favorites était : « Nous, les jeunes. »

Depuis sa cellule de prison, environ un mois avant son décès, M. Makiguchi a écrit sur une carte postale : « Je lis avec un vif intérêt la philosophie de Kant. » La source de la jeunesse se trouve indubitablement dans un esprit de recherche et une soif de connaissance animés d’une telle passion.

Le bouddhisme enseigne que la jeunesse est perpétuelle et la vie éternelle, mais cela ne veut pas dire, bien évidemment, que nous échapperons à la vieillesse et à la mort. Cet enseignement concerne notre état de vie, ou force vitale. Il est dit dans le Sûtra du Lotus : « S’il est donné à un malade d’entendre ce sûtra, sa maladie disparaîtra et il ne connaîtra ni la vieillesse ni la mort » (SdL-XXIII, 274), et Nichiren Daishonin écrit : « Si nous nous appuyons sur la puissance du Sûtra du Lotus, nous découvrons sous nos yeux la jeunesse perpétuelle et la vie éternelle » (Écrits, 416).

En d’autres termes, il est certain que, si nous croyons dans la Loi merveilleuse et que nous la protégeons, nous ne serons jamais vaincus par la maladie et nous pourrons avancer éternellement tout au long de notre existence avec un esprit jeune, quel que soit notre âge, afin d’établir un bonheur éternel et indestructible. Tout cela n’a rien d’extraordinaire. Les précieux pratiquants du groupe Maints-Trésors qui sont toujours très actifs, représentent dans ce domaine des exemples parfaits.

En un sens, il est tout à fait naturel de ne pas aimer vieillir parce que vieillir nous fait penser à la réalité implacable de la mort. Pourtant chaque période de la vie possède sa propre valeur distincte et précieuse.

Quelle est la véritable signification de la vieillesse ? Ce n’est pas une période de la vie où nous devrions nous souvenir avec nostalgie du temps de notre jeunesse. Je pense que c’est l’apothéose, la période de la vie qui devrait être la plus satisfaisante et la plus épanouie, le temps où nous devrions briller à l’image d’un magnifique coucher de soleil, nimbé de lumière et de gloire. Ce n’est pas une période lugubre et triste. Comme l’a dit Victor Hugo (1802-1885) : « Il y a on ne sait quelle aurore dans de la vieillesse épanouie1. »

Je sens que notre société actuelle détourne malheureusement son regard de la réalité fondamentale de la mort et que, dans ce processus, elle a perdu de vue la valeur précieuse de la vieillesse.

Nichiren nous encourage à « étudier d’abord la mort, et ensuite seulement le reste ». (WND-II, 759) Nous ne devrions pas détourner nos yeux de la mort, mais au contraire la regarder sans détour et nous y confronter. Lorsque nous sommes capables de faire cela, nous sommes en mesure d’apprécier la vieillesse pour ce qu’elle est, et de faire briller à coup sûr sa véritable valeur.

Du point de vue bouddhique de l’éternité de la vie, la mort est seulement le point de départ vers la phase suivante de la vie.

Nichiren décrit la Loi merveilleuse comme « la grande lanterne qui illumine la longue nuit des souffrances des naissances et des morts ». (Écrits, 1048) Ceux qui adoptent la Loi merveilleuse éternelle ne craignent pas la mort. Ils ne sont ni troublés ni angoissés par elle. Ils peuvent librement apprécier le voyage de la vie, avec un état d’esprit où la vie comme la mort sont joyeuses.

Le bouddhisme de Nichiren enseigne le moyen essentiel de transformer une vie enchaînée par les quatre souffrances fondamentales – naissance, maladie, vieillesse et mort – en une vie joyeuse, caractérisée par les quatre vertus (éternité, bonheur, véritable soi et pureté).

D’après Sho-ro-byo-shi to jinsei o kataru (« Conversations sur la vie et la mort »), publié en japonais en novembre 2006

La Sagesse pour créer le bonheur et la paix est une compilation des écrits de Daisaku Ikeda sur une base thématique.

  • *1Victor Hugo. Les Misérables. V. Jean Valjean, Livre cinquième, chapitre II. Citation et références exactes. Réf. en ligne : Les Misérables V (ebooksgratuits.com), p. 334.