Volume 30 : Chapitre 5, Acclamations de la victoire 21–30

Acclamations de la victoire 21

« Ah, l’aube écarlate jaillit… »

En écoutant l’enregistrement du Chant de l’aube écarlate, Shin’ichi réfléchit profondément au sens des paroles et lança intérieurement ce message aux jeunes : « Un soleil d’un rouge éclatant se lève, perçant les nuages. Peu à peu le ciel devient écarlate, et un jour nouveau se lève. “Écarlate” décrit le soleil du temps sans commencement qui rayonne dans nos cœurs, ainsi que la passion et la combativité qui permettent de créer une nouvelle ère et la vitalité éclatante de la jeunesse !

« Ah, comme la lumière du Soleil à l’aube, les jeunes et fringants héros du mouvement Soka ouvrent la voie du kosen rufu mondial ! Les cloches de l’aube, qui annoncent l’avènement du siècle de la vie, résonnent avec force tandis que se lève un nouveau jour de gloire. Cette gloire éclatante est celle du bonheur et de la victoire émanant d’un esprit qui, inlassablement et sans jamais fléchir, se lance des défis. Vous qui êtes jeunes, soyez sans crainte ! Triomphez des “vagues furieuses et arrogantes” et surmontez tous les obstacles en allant de l’avant, toujours de l’avant !

« Kosen rufu est une lutte entre ce qui est juste et erroné. Mais ce qui est juste ne l’emporte pas toujours. Il est des moments où c’est l’injustice qui triomphe. C’est pourquoi on dit que le bouddhisme détermine la victoire ou la défaite. Nous qui consacrons notre vie à accomplir la mission des bodhisattvas surgis de la Terre et qui brandissons l’étendard de la vérité et du bien enseignés par le bouddhisme ne devons pas être vaincus. Nous avons pour responsabilité de remporter la victoire.

« Les bodhisattvas surgis de la Terre ne sont autres que les personnes ordinaires qui constituent notre mouvement Soka. Nous avons choisi d’apparaître à l’époque de la Fin de la Loi, une ère mauvaise ternie par les cinq impuretés1, pour aider les personnes qui souffrent à parvenir au bonheur. Nous sommes apparus délibérément dans ce monde pour montrer le grand bienfait de la pratique du bouddhisme, en nous développant et en nous polissant par nos luttes et nos efforts constants afin de parvenir à une vie victorieuse.

« Parfois les tempêtes du karma nous assaillent. Aucune existence n’est dépourvue de souffrances. Cependant, quand nous luttons avec courage pour accomplir notre mission pour kosen rufu, l’arc-en-ciel de l’espoir jaillit et nos souffrances se changent en joie.

« Les êtres humains créent leur propre malheur quand ils se laissent gouverner par la peur, cessent de faire des efforts, renoncent à tout espoir et abandonnent.

« Mais nous, membres de la Soka Gakkai, vivons en accord avec la Loi merveilleuse, la Loi suprême de la vie, et faisons jaillir une puissante force vitale pour affronter tous les problèmes, les uns après les autres, tout en nous consacrant à kosen rufu. C’est ainsi que nous pourrons briller de tout notre éclat et établir le bonheur pour nous-mêmes et pour les autres. C’est ainsi que nous pourrons brandir l’“étendard des personnes ordinaires”, le cœur plein de joie. C’est ainsi que nous pourrons faire résonner au loin les acclamations victorieuses des personnes ordinaires. »

Acclamations de la victoire 22

[Shin’ichi Yamamoto poursuivit intérieurement son appel à la jeunesse.]
 
« “Sans accorder la moindre attention à ceux qu’ébranlent les louanges ou la critique”. Suivre la noble voie de nos convictions, sans nous laisser perturber par les personnes sans scrupules qui rejettent leurs idéaux et leurs serments quand le vent tourne – tel est l’esprit des maîtres et disciples du mouvement Soka. Telle est la véritable voie de l’humanité.

« Ceux qui avaient admiré le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, en le considérant comme un grand philosophe de l’éducation, changèrent rapidement de position lorsqu’il fut arrêté et incarcéré par les autorités militaristes japonaises. Ils n’eurent pas honte de déclarer “Makiguchi nous a trompés” et le couvrirent d’insultes et de calomnies. Et quand, après la guerre, les affaires de M. Toda se retrouvèrent dans une impasse, les personnes qu’il avait aidées oublièrent toute gratitude et se mirent à le calomnier.

« Nous ne devons jamais être influencés par les paroles des personnes au cœur versatile. Nous devons avancer avec calme et constance sur “la voie royale éclatante” de notre engagement pour kosen rufu. Il n’y a pas de plus grand honneur pour nous que de suivre la noble voie de maître et disciple. Nous écrivons le chant de notre serment en tant que maître et disciple.

« Mes jeunes amis, votre présence me rassure profondément. Je désire que vous fassiez de moi une sorte de tremplin et que, par la suite, vous me dépassiez pour devenir des personnes remarquables qui s’élèvent très haut, comme de grands arbres majestueux. Je lèverai alors les yeux vers vous avec fierté et je ferai votre éloge avec le plus profond respect.

« Mes jeunes amis qui vous élevez dans le ciel du nouveau siècle ! Pour l’avenir, polissez-vous, entraînez-vous, travaillez et étudiez, et relevez joyeusement de grands défis. “La sueur de la jeunesse qui brille telles des perles dorées” constitue un précieux trésor qui ornera éternellement votre vie. Par-delà la foisonnante verdure des arbres de la canopée qui se dressent vers demain, je vois l’éclatant arc-en-ciel de vos brillantes réalisations !

« Jeunes, déployez vos ailes ! Jaillissez comme des vagues qui déferlent dans l’horizon lointain ! Envolez-vous, libres et joyeux, dans une ère où des myriades de chants célébreront l’humanité, une magnifique nouvelle ère de respect de la dignité de la vie ! Levez le rideau de la grande victoire du XXIᵉ siècle, grâce à la passion et à la force de la jeunesse du mouvement Soka ! Vous tenez entre vos mains le bâton de relais en tant que successeurs ! »

Acclamations de la victoire 23

Le soir du 14 novembre, après avoir revu les paroles plus de vingt fois, Shin’ichi déclara aux jeunes : « Bien, c’est la bonne version ! Le Chant de l’aube écarlate est terminé à présent ! Il représente l’esprit de la jeunesse ! »

Ah, l’aube écarlate se lève !
Jeunes et vaillants héros, brillants pionniers,
faites résonner la cloche du matin afin que tous l’entendent !
Vagues furieuses et arrogantes, nous ne vous craignons pas !
Les corrompus ne connaîtront jamais la gloire.
Porteurs d’une noble vérité, les bodhisattvas surgis de la Terre
brandissent l’étendard des personnes ordinaires.


Sans accorder la moindre attention à ceux qu’ébranlent les louanges ou la critique,
nous poursuivons l’ascension de la voie royale éclatante.
Nous nous dressons ici, réunis autour de notre père,
qui nous invite à devenir de grands arbres. Nous serons sa fierté.
Ah, la sueur de la jeunesse brille telles des perles dorées !
Qu’un arc-en-ciel orne le ciel bleu indigo de notre vœu !

Le château de
kosen rufu
Que nos nobles pionnières ont bâti
− protégeons-le toujours !
Jeunesse ! Déploie tes ailes vibrantes d’espoir
et jaillis dans l’horizon éblouissant !
En composant ensemble des myriades de chants de la vie,
élancez-vous, fiers et joyeux, dans le nouveau siècle !


« Tu as réussi à mettre dans ce chant tout ce que tu souhaitais transmettre à la jeunesse, n’est-ce pas ? » dit Mineko à Shin’ichi.

« Oui, répondit Shin’ichi. Je veux que le département des jeunes hommes avance vers le XXIᵉ siècle en chantant le Chant de l’aube écarlate et que le département des jeunes femmes fasse de même avec son nouveau chant Cette voie verdoyante. »

Cette voie verdoyante avait été présenté huit jours plus tôt [le 6 novembre] pour célébrer le 30ᵉ anniversaire de la création du département des jeunes femmes. À la demande de ces dernières, Shin’ichi avait aussi apporté des modifications aux paroles et donné des conseils pour la mélodie.

Le vert est la couleur de la jeunesse, dont il reflète le rayonnement et la force vitale. Dante Alighieri (1265-1321) a décrit la jeunesse comme « la porte et la voie qui nous permettent d’accéder à une vie de valeur2 ».

Acclamations de la victoire 24

L’édition du 6 novembre du journal Seikyo annonça l’achèvement du nouveau chant du département des jeunes femmes, Cette voie verdoyante, dont on pouvait lire la musique et les paroles.
 
Les fleurs de cerisier dansent dans la brume du printemps,
nos jeunes amies dansent avec elles.
Avec nos joyeuses couronnes de guirlandes de fleurs,
de guirlandes de fleurs,
nous avançons sur cette voie verdoyante.

  
À la lumière si intense de l’été
Succède l’automne au feuillage glorieux,
et, même dans l’hiver glacial, nous sommes sans crainte,
oui sans crainte,
jusqu’à ce que vienne finalement notre chant du printemps.


En entonnant ce chant d’un père et d’une fille,
les jeunes femmes engagées sur cette voie
déploieront leurs ailes,
oui leurs ailes,
et s’envoleront dans le monde.
Elles s’envoleront comme des anges
bien plus loin encore, jusqu’à l’arc-en-ciel dans le firmament.


Le 16 novembre, soit dix jours après, le Chant de l’aube écarlate fut à son tour présenté dans le journal Seikyo comme le nouveau chant du département des jeunes hommes.

Ces deux chants inspirants transmettaient une vigueur et une originalité qui correspondaient bien à la nouvelle époque.

Le Chant de l’aube écarlate était le fruit de l’esprit d’unité entre le maître et le disciple partagé par Shin’ichi et le département des jeunes hommes de Shikoku. Cependant, au moment où il fut achevé, il ne restait presque rien de la version originale des jeunes gens. Les paroles leur furent cependant attribuées. Shin’ichi souhaitait ainsi rendre hommage à leur état d’esprit et à leurs efforts.

Alors qu’il était à Shikoku, le nouveau chant de la préfecture de Tokushima, Notre Tokushima tant aimé, fut à son tour écrit. Shin’ichi avait également contribué à peaufiner cette chanson à la demande des membres.
 
« Amis du monde entier, venez !
La joie émanant de la merveilleuse terre de Tokushima
jaillit comme les tourbillons de Naruto […] »

Acclamations de la victoire 25

Le 15 novembre, vers midi, Shin’ichi Yamamoto prit un avion à l’aéroport de Takamatsu, sur l’île de Shikoku, pour revenir à Osaka. De là, il se rendit dans les préfectures voisines du Kansai, Wakayama et Nara, où il poursuivit ses efforts inlassables pour kosen rufu.

Le 22 novembre, il participa à la troisième réunion générale du Kansai, à l’auditorium du Mémorial Toda du Kansai, dans la ville de Toyonaka, où il dirigea un chant que les membres appréciaient particulièrement, L’Aube approche.

Puis, après un passage dans les préfectures de Shiga et de Fukui, il se rendit dans la région de Chubu et dans la préfecture de Shizuoka, où il se consacra à offrir des orientations et des encouragements avant de rentrer à Tokyo, dans la soirée du 2 décembre.

Le 22 novembre, les jeunes hommes tinrent leur réunion nationale des responsables à Koriyama, dans la préfecture de Fukushima. Lors de cette réunion, appelée la « Réunion des responsables des jeunes hommes de l’aube écarlate », ils transmirent leur vœu de lutter aux côtés de leur maître vers le XXIᵉ siècle, en interprétant le Chant de l’aube écarlate.

« Ah, l’aube écarlate se lève !
Jeunes et vaillants héros, brillants pionniers »


Les jeunes hommes renforcèrent leur détermination en tant que pionniers de kosen rufu qui ouvrent une nouvelle voie au milieu des fourrés.

Ils décidèrent intérieurement que, même s’ils étaient assaillis par les plus terribles tempêtes, en tant que jeunes héros du mouvement Soka, ils escaladeraient courageusement les pentes les plus périlleuses pour le bien de leurs compagnons de pratique et de la société. Jamais ils ne seraient vaincus ! Ils protégeraient résolument le château de kosen rufu, que les pionniers avaient bâti au prix de tant d’efforts !

Leur chant était le chant de victoire de la jeunesse, qui avait si brillamment surmonté la période de crise avec le clergé. Leurs acclamations triomphales, qui célébraient la victoire de la vie, résonneraient encore longtemps dans l’avenir.

À la demande insistante du département des jeunes hommes de Shikoku, les paroles du Chant de l’aube écarlate furent attribuées à Shin’ichi Yamamoto. C’était bien lui en effet qui les avait écrites, et ce fait fut donc enregistré pour la postérité.

Les années suivantes, Shin’ichi procéda encore à des modifications, en changeant notamment, en 2005, une formule dans le troisième couplet : « Nos nobles pionnières » devint « nos nobles pionnières et pionniers », puis, dans le deuxième couplet, « réunis autour de notre père » fut changé en « réunis autour de notre maître ». Cette dernière modification fut apportée à la demande des membres du département de la jeunesse de Shikoku, lors de la réunion générale des responsables de la Soka Gakkai qui se tint à Shikoku, en octobre 2016.

Acclamations de la victoire 26

« J’irai là où les membres ont le plus souffert ! Je les encouragerai de toutes mes forces, en y mettant tout mon cœur, comme si je serrais fermement la main de chacun d’eux ! » Telle était la détermination de Shin’ichi Yamamoto lorsqu’il arriva à l’aéroport d’Oita, à Kyushu, l’après-midi du 8 décembre. Ce n’était que six jours plus tôt qu’il était revenu à Tokyo, après un voyage d’encouragement particulièrement intensif à Shikoku, au Kansai et à Chubu.

C’était sa première visite à Oita depuis treize ans et demi.

Il était totalement déterminé à saisir le moment présent pour créer une marée montante de victoires pour kosen rufu.

Les membres d’Oita, peut-être plus que n’importe où ailleurs au Japon, avaient souffert du terrible harcèlement imposé par les moines du groupe Shoshin-kai [littéralement Association pour la foi correcte], qui abusaient de leur autorité religieuse en se réclamant de la foi correcte, mais dont les actions allaient entièrement à l’encontre des enseignements de Nichiren.

Dans un secteur particulier, quand les membres assistaient au cours mensuel sur un écrit de Nichiren dans le temple local de la Nichiren Shoshu, le supérieur du temple ne citait pas les écrits de Nichiren, mais s’appuyait sur les journaux à sensation qui publiaient des articles diffamatoires sur la Soka Gakkai. Il affirmait que l’organisation laïque était « dans l’erreur » et « offensait la Loi ».

Les pratiquants qui avaient quitté la Soka Gakkai pour se relier directement au temple accablaient d’injures leurs anciens compagnons de pratique sous les applaudissements des autres adeptes du temple, ce qui faisait sourire le supérieur du temple. En fait, il encourageait secrètement ce genre de comportement, tout en faisant semblant de n’y être pour rien.

Certains membres arrivaient dans leur centre culturel local les larmes aux yeux parce que le supérieur du temple leur avait dit qu’il ne célébrerait pas leurs funérailles s’ils ne quittaient pas la Soka Gakkai. En fait, aussi incroyable que cela puisse paraître, il y eut même des moines qui allaient jusqu’à attaquer la Soka Gakkai lors des funérailles de membres. C’était un acte impardonnable, qui ne faisait que retourner le couteau dans la plaie et amplifier la souffrance des familles endeuillées.

Shin’ichi sentait son cœur se déchirer à chaque fois qu’on lui rapportait ce type d’incidents. Il éprouvait une peine profonde pour les membres.

« Ne soyez pas vaincus ! Le matin de la victoire viendra à coup sûr ! » s’écriait-il intérieurement en continuant de leur envoyer Daimoku.

Quand les responsables de la région de Kyushu et de la préfecture d’Oita venus l’accueillir à l’aéroport aperçurent Shin’ichi, ils se précipitèrent à sa rencontre, en criant « Sensei ! »

« Luttons ! leur dit Shin’ichi. Cette lutte est déterminante pour Oita. Maintenant commence l’histoire glorieuse d’un retournement spectaculaire ! »

En entendant ces propos, pareils au puissant rugissement d’un lion, les responsables acquiescèrent, les yeux brillants, le visage déterminé.

La combativité que nous forgeons en restant fermes dans nos convictions au cœur même de l’adversité constituera une force illimitée, qui nous permettra de construire quelque chose de nouveau.

Acclamations de la victoire 27

À l’aéroport, au moment où Shin’ichi allait entrer dans sa voiture, plusieurs dizaines de membres de la Soka Gakkai se précipitèrent à sa rencontre. Certains tenaient des bouquets de fleurs.

« Merci ! Je regrette vraiment que vous ayez dû endurer tant de difficultés et de souffrances, mais vous avez finalement tous remporté la victoire ! » leur dit-il.

Avec un sourire, il ajouta à l’intention de ceux qui avaient les larmes aux yeux : « Soyez rayonnants et positifs ! »

Il alla ensuite directement de l’aéroport au domicile d’un membre qui avait beaucoup contribué à kosen rufu, et il encouragea toute sa famille. Il devait ensuite se rendre au centre pour la paix d’Oita, mais il demanda de passer d’abord par le centre culturel de Beppu. Beppu avait été en effet l’un des épicentres majeurs du conflit avec le clergé.

De nombreux membres s’étaient rassemblés au bord de la route et lui firent signe de la main lorsqu’il passa en voiture. Ayant appris que Shin’ichi venait dans la préfecture d’Oita, ils étaient convaincus qu’il allait suivre ce trajet et ils l’attendaient là depuis un certain temps.

Plusieurs femmes se penchèrent au-dessus de la barrière de sécurité et continuèrent à lui faire signe jusqu’à ce que la voiture disparaisse à l’horizon.

Shin’ichi fut profondément touché par la sincérité de tous. Il se dit intérieurement : « Ils ont enduré tant d’épreuves. Les moines corrompus du groupe Shoshin-kai n’ont pas cessé de tourmenter ces nobles enfants du Bouddha, qui se consacrent à kosen rufu. C’est absolument impardonnable. Nichiren adresserait certainement des remontrances aux moines de ce type, et leurs actions leur vaudront des rétributions négatives en raison de leur opposition à la Loi merveilleuse. Je n’oublierai jamais les membres que j’ai vus aujourd’hui. »

Chaque fois que Shin’ichi voyait des membres au bord de la route, il s’inclinait intérieurement devant eux, en joignant les mains, en signe de profond respect et de vénération.

Il arriva au centre culturel de Beppu juste avant le coucher du Soleil. Toutes les fenêtres du centre étaient éclairées, et il pouvait voir à l’intérieur de nombreuses personnes. Quand Shin’ichi sortit de la voiture, trois femmes âgées le saluèrent : « Sensei ! Nous souhaitions tellement vous voir ! »

« J’ai enfin pu venir. Je suis avec vous maintenant, tout ira bien », répondit Shin’ichi.

Environ deux cents membres s’étaient entassés dans le centre. Une banderole sur laquelle était écrit « Bienvenue, Sensei ! » avait été accrochée au-dessus de l’entrée. Tous étaient convaincus que Shin’ichi viendrait au centre culturel de Beppu.

Shin’ichi et les membres de Beppu, qui n’avaient jamais cessé de lutter contre l’injustice et l’inhumanité, étaient fermement unis autour d’une lutte commune.

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Shin’ichi dit aux membres rassemblés autour de l’entrée du centre culturel de Beppu : « Prenons une photo pour célébrer le nouveau départ de Beppu ! »

Après la photo, il récita Gongyo avec tous les membres dans la grande salle.

« Durant ce Gongyo, nous allons rapporter au Gohonzon la victoire de nos amis pratiquants de Beppu et prier pour le bonheur éternel et la prospérité de vos familles ! » déclara-t-il avant de commencer.

Débordant d’enthousiasme, les membres récitèrent Gongyo et Daimoku d’une voix sonore avec Shin’ichi. Ils avaient rêvé de ce moment-là lorsqu’ils enduraient les cruelles attaques des moines.

Après le Gongyo, Shin’ichi s’installa devant le micro et dit : « Je regrette profondément la longue épreuve que vous avez dû endurer ici. Les moines doivent avant tout protéger les enfants du Bouddha et leur accorder la plus grande valeur, mais ces moines corrompus n’ont cessé de causer anxiété et détresse à nos membres, qui se consacrent inlassablement à kosen rufu. C’est scandaleux.

« Cependant, le bouddhisme de Nichiren enseigne que les personnes qui ont le plus souffert et le plus lutté goûteront le plus grand bonheur. Puisque vous avez surmonté tous les obstacles et remporté une victoire éclatante, il ne fait aucun doute que vous mènerez une vie débordant de bienfaits. Le printemps est enfin arrivé ! Menez, je vous prie, la meilleure vie possible et continuez d’aider celles et ceux qui souffrent. »

Bien que Shin’ichi n’ait passé que peu de temps avec les membres de Beppu, il les encouragea de tout son cœur. Puis il se rendit dans la ville d’Oita.

Il arriva au centre pour la paix d’Oita juste après 18 heures et posa pour une photo de groupe avec les membres qui l’attendaient à l’entrée. Ils avaient tous un sourire radieux.

Environ quatre cents membres, représentant tous les départements de la préfecture d’Oita, s’étaient rassemblés dans la grande salle du centre. Quand Shin’ichi entra, il fut accueilli par des acclamations et des applaudissements.

Une banderole sur laquelle on pouvait lire « Le printemps est arrivé pour la famille d’Oita ! » ornait la salle. Elle traduisait bien ce que chaque membre ressentait.

Commença ensuite une réunion informelle. Shin’ichi déclara d’une voix puissante : « Vous avez remporté la victoire ! Après avoir connu une longue période de souffrances amères, vous avez triomphé des vers issus du corps d’un lion3, et la justice a eu finalement raison du mal ! »

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Shin’ichi Yamamoto lut alors ce passage des écrits de Nichiren : « Les amis de mal emploient des mots séduisants, ont recours à la ruse et à la flatterie et s’expriment de manière habile, contrôlant ainsi le cœur des personnes ignorantes et mal informées et détruisant le bon esprit qui est en eux. » (WND-II, 221)

« Ici, l’expression les “amis de mal” fait référence aux mauvais moines et aux autres personnes qui prêchent de faux enseignements, trompant ainsi les gens et entravant leur pratique bouddhique. Avec des paroles séduisantes, ils essaient de tromper ceux qui se consacrent à kosen rufu ou ils les flattent et jouent avec les mots pour faire passer le bien pour le mal, gagnant ainsi le contrôle de leur esprit et détruisant leur foi.

« Vous aussi avez terriblement souffert à cause de ces mauvais moines. D’un côté, ils ont dénigré la Soka Gakkai en l’accusant d’être une organisation qui “offense la Loi” et, de l’autre, ils ont flatté et couvert de faveurs certaines personnes soigneusement choisies et les ont trompées pour les faire quitter notre organisation. C’est ainsi qu’ils opèrent.

« La nature véritable de ces “amis de mal” est l’arrogance et l’égocentrisme. Si vous les suivez, vous vous écarterez de la voie de la foi correcte.

« Tout en consacrant votre vie à kosen rufu, il est important de discerner clairement ces influences négatives qui cherchent à détruire la pureté de la foi.

« Je suis sûr que vous connaissez tous quelqu’un qui, bien qu’ayant lutté avec ferveur dans la foi durant de longues années, a été égaré par ces moines fourbes et a quitté la Soka Gakkai. Certains d’entre vous ont peut-être rendu visite à de nombreuses reprises à des personnes de ce type pour tenter de les convaincre de ne pas quitter notre organisation, qui avance en accord avec l’intention du Bouddha. Parmi ces personnes que vous avez contactées, quelques-unes ont peut-être alors décidé à un moment donné de revenir dans notre organisation avant de se laisser de nouveau duper par les moines et elles ont fini par attaquer la Soka Gakkai et par la quitter. Je suis bien conscient des terribles expériences que vous avez dû vivre. »

En se rappelant ces moments si pénibles, beaucoup de ceux qui écoutaient Shin’ichi avaient les larmes aux yeux.

« Le bouddhisme enseigne le principe consistant à “changer le poison en remède”, poursuivit Shin’ichi. Notre foi et notre pratique bouddhique peuvent transformer n’importe quel malheur en bonne fortune. Par vent fort, un cerf-volant peut s’envoler haut dans le ciel. De la même manière, traverser des difficultés et épreuves nous permet d’élargir notre état de vie et de nous envoler librement dans le vaste ciel du bonheur. »

Une transformation aussi radicale reflète le dynamisme du bouddhisme de Nichiren.

Acclamations de la victoire 30

Shin’ichi s’exprimait avec de plus en plus de passion. « Nichiren écrit aussi : “Depuis le début, ma vie repose sur une ferme conviction. Je n’ai aucune intention de me rétracter maintenant, et je n’adresserai jamais de reproches [à ceux qui m’ont persécuté]. Les personnes mauvaises aussi seront pour moi des amis de bien.” (WND-II, 432)

« Sa vie a été une suite sans fin de persécutions, mais il déclare qu’il était prêt à cela dès le début. De ce fait, aussi grandes qu’aient été les difficultés auxquelles il était confronté, sa détermination n’a jamais faibli et il affirme n’avoir jamais éprouvé de ressentiment contre ceux qui le persécutaient.

« Quel est le plus important pour accomplir la mission de kosen rufu que vous avez choisi d’adopter depuis le temps sans commencement ? Quelle est la clé pour atteindre la bouddhéité en cette vie et établir un état de bonheur indestructible ? C’est de se dresser avec une foi résolue. Si vous prenez une décision ferme, avec le cœur d’un roi-lion, vous n’aurez rien à craindre.

« À ce moment-là, même les personnes malveillantes qui vous ont causé de terribles difficultés seront pour vous des “amis de bien”. En étant prêts à tout, en vous dressant pour affronter des obstacles et persécutions majeurs, vous développerez et renforcerez votre foi et vous pourrez transformer votre karma.

« Chacun de vous, membres d’Oita, a beaucoup souffert des troubles récents avec les moines du groupe Shoshin-kai, mais cela vous a permis de vous forger pour parvenir à un immense développement futur.

« Je vais, une fois encore, déployer de grands efforts pour kosen rufu ! Je vais créer une Soka Gakkai fidèle à ses idéaux. Luttons ensemble ! »

« Oui », dirent en chœur les membres d’une voix puissante et pleine de détermination. Les membres d’Oita, qui avaient tant souffert, étaient fermement unis, bien décidés à se dresser avec Shin’ichi.

Lors de cette réunion, les jeunes hommes rapportèrent que rares étaient les membres de leur département qui avaient quitté la Soka Gakkai à cause des troubles avec le clergé. En apprenant cette bonne nouvelle, Shin’ichi s’inclina et dit avec enthousiasme : « Vraiment ? C’est magnifique ! Si le département de la jeunesse est solide, l’avenir d’Oita le sera également. J’ai aussi l’intention d’offrir quelques orientations aux jeunes pour les encourager à aller de l’avant. »

Une réunion des responsables du département de la jeunesse d’Oita avait été prévue deux jours plus tard, le 10 décembre.

  • *1Cinq impuretés : ou cinq souillures. Il s’agit de l’impureté de l’époque, du désir, des êtres vivants, de la pensée (ou des conceptions) et de la durée de la vie. Ce terme apparaît dans le chapitre « Moyens opportuns » du Sûtra du Lotus (le 2ᵉ). (1) L’impureté de l’époque implique notamment de nombreuses perturbations dans l’environnement social ou naturel. (2) L’impureté du désir est la tendance à se laisser régir par les cinq envies illusoires, avidité, colère, stupidité, arrogance et doute. (3) L’impureté des êtres vivants correspond au déclin physique et spirituel des êtres humains. (4) L’impureté de la pensée ou l’impureté des conceptions correspond à la prédominance des conceptions erronées telles que les cinq conceptions fausses. (5) L’impureté de la durée de la vie correspond à la diminution de la durée de vie des êtres vivants.
  • *2Traduit de l’anglais. Dante Alighieri, The Convivio of Dante Alighieri, London, J.M. Dent and Co., 1903, p. 350.
  • *3Vers issus du corps d’un lion : il s’agit là d’une métaphore qui désigne ceux qui, bien qu’ils se disent pratiquants du bouddhisme, détruisent ses enseignements, comme les vers dans le corps d’un lion peuvent le dévorer de l’intérieur.