Partie 1 : Le bonheur. Chapitre 10
La joie dans la vie comme dans la mort [10.11]

10.11 Une preuve claire de l’atteinte de la bouddhéité

En se référant aux écrits de Nichiren, le président Ikeda décrit les derniers instants des personnes qui sont restées engagées dans leur foi tout au long de leur vie.

En compagnie d’un groupe de pratiquants de la jeunesse de France, j’ai visité un jour (en 1973) le château dans lequel Léonard de Vinci a fini sa vie1. Ces paroles de ce géant de la Renaissance étaient gravées sur une plaque de bronze dans la chambre où il est mort : « La vie bien employée est longue. Comme une journée bien remplie nous donne un bon sommeil, une vie bien vécue nous mène à une mort paisible. »

Ceux qui ont mené une vie de bien, sans aucun regret, ne redoutent pas la mort. Il est donc d’autant plus certain qu’une vie passée à lutter inlassablement pour les autres, ainsi que pour la vérité et le bien, en accord avec la Loi éternelle imprégnant la vie et l’univers, atteindra le sommet de la joie véritable.

Nichiren écrit :

« Poursuivez votre pratique sans jamais l’abandonner jusqu’au dernier instant de votre vie et, le moment venu, regardez ! Quand vous gravirez la montagne de l’illumination parfaite et regarderez autour de vous dans toutes les directions, vous verrez, à votre grand étonnement, que le monde des phénomènes dans sa totalité est la Terre de la lumière paisible. Le sol sera en lapis-lazuli et les huit voies2 seront séparées par des cordes d’or. Quatre sortes de fleurs3 tomberont des cieux et la musique retentira dans les airs. Tous les bouddhas et bodhisattvas seront présents, pleins de joie, caressés par les brises de l’éternité, du bonheur, du véritable soi et de la pureté. Le temps vient à grands pas où nous serons aussi parmi eux. » (Écrits, 766)

Voilà qui décrit l’état de vie – empli par « la plus grande de toutes les joies » (OTT, 212) – caractéristique des états de bouddha et de bodhisattva qui évoluent en rythme avec l’univers.

La famille Nanjo a apporté une contribution durable à kosen rufu du vivant de Nichiren. Nanjo Shichiro Goro, le plus jeune frère de Nanjo Tokimitsu, est mort subitement à l’âge de seize ans. C’était un jeune homme doté d’un bon caractère et de belle apparence, et Nichiren avait un grand espoir dans son avenir. Sa mère, qui était enceinte de lui lorsqu’elle perdit son mari, l’aimait profondément.

Très affecté par la mort subite de Shichiro Goro, Nichiren assura à maintes reprises la famille Nanjo que le jeune homme défunt ne manquerait pas d’atteindre la bouddhéité. Dans le post-scriptum à l’une de ses lettres, il écrit : « Il [Shichiro Goro] s’était consacré au bouddha Shakyamuni et au Sûtra du Lotus, et il est mort de façon appropriée. » (WND-II, 887)

Même si certains semblent mourir de manière prématurée ou inattendue, il y aura une preuve claire qu’ils ont atteint la bouddhéité. Cela se manifeste notamment par le fait que nombreux sont ceux qui sont profondément affectés par leur mort et à qui ils manquent. Ou encore par la protection et la sécurité dont bénéficient les membres de leur famille après leur disparition. Quand les membres d’une famille poursuivent courageusement leur vie après la disparition d’un être cher, le défunt continue à vivre dans leur cœur.

Nichiren encourage ainsi la mère de Shichiro Goro :

« Lorsque vous, mère affectueuse, penserez à votre fils avec nostalgie, j’espère que vous réciterez Nam-myoho-renge-kyo et prierez pour renaître dans le même lieu que le regretté Shichiro Goro et que votre mari, le défunt Nanjo.

Les graines d’une même variété de plante sont toutes identiques : elles diffèrent des graines des autres plantes. Si chacun d’entre vous entretient dans son cœur les mêmes graines de Myoho-renge-kyo, alors vous renaîtrez tous ensemble sur la même terre de Myoho-renge-kyo. Quand vous vous retrouverez tous les trois face à face, comme votre joie sera grande ! » (Écrits, 1084)

En se fondant sur l’enseignement profond de la Loi merveilleuse, Nichiren offre une vision du merveilleux monde de bonheur qui s’étend devant nous.

D’après la série « Essai sur La Nouvelle Révolution humaine », publié en japonais dans le Seikyo Shimbun, le 3 novembre 2000

La Sagesse pour créer le bonheur et la paix est une compilation des écrits de Daisaku Ikeda sur une base thématique.

  • *1Il s’agit du château du Clos Lucé, anciennement le manoir du Cloux, près d’Amboise, en France ; on y trouve maintenant un musée consacré à Léonard de Vinci.
  • *2Les huit voies mènent dans les huit directions qui correspondent aux huit points cardinaux représentés sur une boussole.
  • *3Quatre sortes de fleurs : Fleurs de Mandarava, grandes fleurs de Mandarava, fleurs de Manjushaka et grandes fleurs de Manjushaka. Fleurs rouges et blanches très parfumées qui, selon la tradition indienne, s’épanouissent dans le ciel.