Volume 30 : Chapitre 5, Acclamations de la victoire 41–50

Acclamations de la victoire 41

Le 11 décembre, Shin’ichi consacra sa matinée à encourager de tout son cœur les membres venus le voir au centre pour la paix d’Oita. Il les salua chaleureusement et posa pour des photos avec eux.

Il inscrivit aussi de nombreuses calligraphies pour les offrir aux membres. Il y en eut notamment une destinée au groupe des 170 d’Oita, qu’il retrouva le 9 décembre. Il écrivit aussi deux calligraphies destinées aux groupes des jeunes hommes et des jeunes femmes d’Oita pour le XXIᵉ siècle, afin de leur souhaiter le meilleur pour l’avenir.

« Y a-t-il encore d’autres membres à qui je devrais offrir des calligraphies ? Je suis sûr qu’il y en a encore beaucoup d’autres qui ont fait énormément d’efforts durant la phase si pénible des troubles avec le clergé. »

Les responsables de la préfecture proposèrent des noms, et Shin’ichi trempait aussitôt son pinceau dans l’encre pour inscrire une calligraphie destinée à chacune de ces personnes. Il intégrait leur nom à côté des caractères chinois signifiant « cerisier » ou « montagne » [pour exprimer son vœu que leur vie s’épanouisse pleinement et qu’ils demeurent inébranlables].

L’après-midi, il se rendit dans un centre bouddhique privé où il rencontra un petit groupe de représentants de la préfecture d’Oita. À leur demande, il apporta des modifications aux paroles d’un chant de la préfecture d’Oita composé par un groupe local et émit quelques suggestions concernant la mélodie.

Le soir, une pratique de Gongyo ouverte à tous eut lieu au centre de la paix d’Oita. Là encore, Shin’ichi dirigea la pratique de Gongyo, puis encouragea de tout son cœur les participants et leur offrit des orientations dans la foi.

Il souligna que de nombreux personnages célèbres de l’Histoire du Japon avaient un lien avec Oita : « Otomo Sorin (1530-1587), le seigneur féodal de l’époque Sengoku, qui se convertit au christianisme et contribua à introduire la culture occidentale au Japon. L’érudit confucéen de la fin de l’époque d’Edo, Hirose Tanso (1782-1856), qui fonda l’école privée Kangien et forma de nombreux étudiants appelés à devenir par la suite de remarquables dirigeants dans la société. Le pianiste et compositeur Rentaro Taki (1879-1903), qui produisit de magnifiques œuvres musicales, et l’écrivain et éducateur Yukichi Fukuzawa (1835-1901), fondateur d’une prestigieuse université.

« Qu’allons-nous accomplir et quelle empreinte allons-nous laisser, nous qui sommes des pratiquants du bouddhisme de Nichiren ? Notre don à la postérité, ce sera la transmission dans le monde entier de la grande loi de la vie révélée par Nichiren, Nam-myoho-renge-kyo, et nous garantirons ainsi sa perpétuation éternelle.

« Notre mission en ce monde est de partager la Loi merveilleuse – la clé universelle pour parvenir à un bonheur absolu – avec autant de personnes que possible durant notre existence.

« C’est la seule façon d’obtenir les éloges de Nichiren, le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, de créer un souvenir éternel de notre vie en ce monde, et de planter la cause pour obtenir les plus hautes distinctions et les plus grands honneurs en tant que bouddhistes. Être un pratiquant du bouddhisme de Nichiren, c’est d’abord et avant tout être convaincu de cela. »

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Shin’ichi poursuivit : « Peu m’importe qu’un déluge de critiques s’abatte sur moi parce que je m’y suis préparé dès le début. Tout ce qui compte à mes yeux est que vous soyez heureux et que vous goûtiez des bienfaits illimités grâce à la foi dans le Gohonzon. C’est ma plus grande joie. Et, si vous y parvenez, ce sera la preuve que je suis à la hauteur de mes responsabilités.

« Je prie de tout mon cœur pour que chacune et chacun de vous se porte bien et vive en sécurité. »

Tels étaient les sentiments sincères de Shin’ichi. Cette cérémonie de Gongyo avec les membres avait tout naturellement évolué vers un chaleureux échange de cœur à cœur.

Sachant qu’il devait partir, le lendemain, dans la préfecture de Kumamoto, il dit aux responsables d’Oita présents ce soir-là : « Je tiens absolument à me rendre demain à Taketa. Je veux y voir nos membres avant d’aller à Kumamoto. Ils ont tellement souffert à cause des troubles avec le clergé. »

Le matin du 12 décembre, Shin’ichi eut une rencontre informelle avec des responsables de la préfecture d’Oita et de la région de Kyushu, au cours de laquelle il discuta du futur développement local de kosen rufu. Après avoir écouté plusieurs comptes rendus, il dit avec une profonde émotion : « Quand je pense à nos membres qui ont tant souffert jusqu’à présent, l’envie me prend de me rendre chez chacun d’eux et d’aller ainsi de maison en maison pour les encourager.

« Mais, hélas ! mon emploi du temps ne le permet pas. Merci d’encourager de ma part les membres que je n’ai pas pu rencontrer cette fois-ci et de leur transmettre mes sentiments.

« Il est essentiel de chérir et de soutenir tous les nobles enfants du Bouddha, qui ont travaillé avec tant d’ardeur pour kosen rufu. Considérez que c’est là une part essentielle de votre mission en tant que responsables. »

Beaucoup de membres s’étaient rassemblés au centre pour la paix d’Oita dans l’espoir de voir ou de rencontrer Shin’ichi, ne serait-ce qu’un court instant. Il récita Gongyo avec les personnes présentes et, à 10 heures, monta à bord d’un car spécialement affrété pour se rendre à Taketa. Ce mode de transport avait été choisi parce qu’il permettait à Shin’ichi d’avoir des échanges et de se consacrer à d’autres tâches durant le trajet.

Kosen rufu est une bataille contre le temps.

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La ville de Taketa est située au sud-ouest de la préfecture d’Oita [à environ 42 kilomètres de la ville d’Oita] et connut dans le passé son heure de gloire parce qu’elle fut construite autour du château d’Oka.

Dans le car, Takeo Yamaoka, le secrétaire de la préfecture d’Oita au sein de la Soka Gakkai, raconta à Shin’ichi une partie de l’histoire du château.

On disait qu’il avait été bâti en 1185 par Ogata Saburo Koreyoshi, un noble et un guerrier qui lutta au côté du clan Minamoto et se distingua dans une bataille où les forces du clan Taira furent vaincues. Il fit construire le château en espérant que Minamoto no Yoshitsune, qui avait été déchu en même temps que son frère aîné Minamoto no Yoritomo [le fondateur du premier shogunat au Japon], viendrait s’y installer.

Cette forteresse était virtuellement imprenable. Elle était située au sommet d’un haut plateau, qui constituait une place forte naturelle avec ses ravins, les montagnes environnantes, et les rivières Shirataki et Inaba, au sud et au nord. Mais, en définitive, Yoshitsune ne put jamais venir y habiter et Koreyoshi lui-même fut par la suite capturé et envoyé en exil. Son vœu de soutenir Yoshitsune ne put être exaucé.

Au XIVᵉ siècle, le château devint la résidence principale du clan Shiga. Lors d’un conflit qui éclata en 1586, les forces du puissant clan Shimazu attaquèrent le château d’Oka et les châteaux avoisinants. Si les autres tombèrent l’un après l‘autre, on dit que le château d’Oka fut défendu par le jeune seigneur Shiga Chikatsugu, qui parvint à le sauver en luttant vaillamment.

Au moment de l’abolition du système des clans et de l’établissement du système des préfectures, durant la restauration de Meiji [1868], le château d’Oka fut démoli et son ossature en bois fut détruite. Cependant, ses anciens murs de pierre couverts de mousse survécurent, comme pour transmettre le souvenir de ceux qui avaient vécu là au temps de sa gloire passée.

Le compositeur Rentaro Taki (1879-1903), qui passa une partie de son enfance à Taketa, composa la célèbre mélodie Kojo no Tsuki [La Lune au-dessus du château en ruines], en se rappelant précisément les ruines de ce château. Une statue en bronze représentant Taki se dresse dans l’enceinte extérieure du site du vieux château, et un monument en pierre sur lequel sont gravées les paroles de la chanson, écrites par Bansui Doi (1871-1952), se trouve dans l’enceinte principale.

« Le château d’Oka était donc la preuve de la loyauté d’Ogata Koreyoshi envers Yoshitsune, n’est-ce pas ? dit Shin’ichi, profondément ému. Quelle magnifique histoire !

« Et la lutte vaillante de Shiga Chikatsugu me rappelle la combativité intrépide des membres de Taketa. »

Depuis les vitres du car, on pouvait voir les murs du château parmi les arbres.

Shin’ichi composa un poème :

En regardant le château d’Oka
qui inspira la mélodie de

La Lune au-dessus du château en ruines,
je rends hommage à la lutte
des membres de Taketa pour protéger la Loi.


Les membres héroïques de Taketa avaient lutté avec courage contre les abus des autorités cléricales pour inaugurer l’ère de la religion tournée vers le peuple.

Acclamations de la victoire 44

Le car parvint sur le parking du château et, quand Shin’ichi en descendit, plusieurs membres crièrent « Sensei ! » en se précipitant vers lui.

« Merci, dit-il. Je suis venu vous voir, vous qui êtes les grands champions des personnes ordinaires ! »

Les membres saisirent sa main tendue et Shin’ichi serra chaleureusement leurs mains dans les siennes. Des larmes jaillirent dans les yeux d’un homme robuste – traduisant une joie que rien ne saurait égaler, celle que l’on éprouve en ayant combattu et remporté la victoire après avoir enduré pendant si longtemps les attaques cruelles de moines malveillants.

Shin’ichi déjeuna avec une cinquantaine de représentants des membres locaux au restaurant situé près du parking. Il discuta avec eux et écouta leurs comptes rendus. Ils lui dirent que des membres s’étaient rassemblés dans l’enceinte principale du château en ruines.

« Très bien, dit Shin’ichi, je vais aller les rencontrer. »

Montant alors en voiture avec deux responsables locaux, il partit encourager les membres.

En route, un responsable lui dit : « Nous avons parfaitement soutenu le supérieur du temple local, en faisant de notre mieux pour protéger le bouddhisme de Nichiren. Au début, il parlait de l’importance de l’harmonie entre moines et laïcs. Puis il se mit soudain à critiquer et à attaquer la Soka Gakkai. Et, durant tout ce temps, il œuvrait dans notre dos pour persuader les membres de quitter l’organisation. »

Dans un bloc [l’équivalent d’un district actuel], trente-deux des quarante-cinq foyers membres ont quitté d’un seul coup la Soka Gakkai. Ce fut déchirant. Devant cette épreuve, les responsables se sont rendus au domicile des membres, disséminés dans les montagnes. Ils encouragèrent chaleureusement chacun d’eux, déterminés à ce qu’il n’y ait pas une personne de plus qui quitte le noble et honorable mouvement Soka.

L’autre responsable, un aîné assis juste à côté de Shin’ichi, qualifia le comportement des moines de « totalement inhumain ». Il se mordait les lèvres pour contrôler son émotion.

Shin’ichi hocha la tête avec un sourire compréhensif. « Vous avez enduré de grandes épreuves, mais vous avez gagné et, grâce à vous, Taketa se dresse à nouveau. Merci ! »

Shin’ichi inclina la tête, avec gratitude et respect. Des larmes se mirent à couler dans les yeux de l’homme.

Plus l’hiver est rude et plus nous ressentons de la joie à l’arrivée du printemps. Les difficultés engendrent la joie.

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Un flot ininterrompu de membres se dirigeaient vers l’enceinte principale du château. Un homme en costume grimpait vigoureusement les marches en pierre. Un jeune débordant d’énergie avançait à grandes enjambées, en portant sur son dos un membre âgé. Une femme marchait à petits pas pressés, et l’on pouvait voir la sueur luire sur son front. Tous avaient en commun le sourire éclatant du bonheur.

Shin’ichi sortit de la voiture et entreprit de grimper vers l’enceinte extérieure. Une bonne dizaine de jeunes gens l’y attendaient, des jeunes courageux qui avaient lutté pour protéger les membres contre les intrigues malveillantes des moines. Shin’ichi serra fermement la main de chacun d’eux, tout en offrant des paroles d’encouragement.

Quand il parvint à l’enceinte principale, environ trois cents membres se mirent à l’acclamer et à l’applaudir dès qu’ils l’aperçurent.

« Je suis venu voir chacune et chacun d’entre vous, dit Shin’ichi. Je suis venu ici pour prendre un nouveau départ vers le XXIᵉ siècle, avec mes chers et précieux amis. Posons ensemble pour une photo de groupe, une photo qui célébrera la grande victoire historique pour kosen rufu que vous avez remportée ici, à Taketa. »

Plusieurs enfants étaient présents, notamment un petit garçon de 2 ans dans les bras de sa grand-mère, au premier rang.

« Cette scène magnifique incarnant l’esprit victorieux des personnes ordinaires se gravera sans aucun doute à jamais dans le cœur de ces enfants », pensa Shin’ichi.

Le photographe du journal Seikyo regarda à travers son appareil. Il y avait trop de personnes pour que toutes puissent entrer dans le cadre. Il dut s’installer sur les épaules d’un autre photographe pour apercevoir tout le monde.

Les membres de Taketa avaient lutté et dispersé les nuages lourds des plus grandes difficultés, et leur visage était rayonnant. Un ciel bleu s’étendait au-dessus d’eux et dans leur cœur.

On entendit le déclic de l’appareil photo.

« Puisque nous sommes sur les ruines du château d’Oka, je propose que nous chantions tous ensemble La Lune au-dessus du château en ruines », dit Shin’ichi.

Takeo Yamaoka, le secrétaire de la préfecture d’Oita, dirigea le chant. Shin’ichi chanta avec les membres.

C’était la fête des fleurs, le printemps au château,
La Lune se reflétait dans les coupes de saké passant de main en main
[…]

Des vagues d’émotion submergeaient le cœur des membres.

Si l’on a la foi, le soleil de la victoire ne manquera pas de se lever.

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Takeo Yamaoka, qui dirigeait la chorale interprétant La Lune au-dessus du château en ruines, s’était rendu à de nombreuses reprises à Taketa pour affronter courageusement les moines au comportement scandaleux et faire de son mieux pour encourager les membres locaux. Quand il pensait à cette période douloureuse et aux profonds encouragements de Shin’ichi, il était submergé d’émotion.

Le bouddhisme est une lutte pour remporter la victoire. La loi de cause et d’effet ne fait pas de compromis.

Ces nobles enfants du Bouddha avaient résisté aux tempêtes déclenchées par les fonctions démoniaques et avaient poursuivi leur progression dans leur lutte pour kosen rufu. Ils chantèrent avec beaucoup d’émotion, la tête haute et le visage radieux.

Tout en chantant lui aussi, Shin’ichi s’écriait dans son cœur : « Vous avez gagné ! En tant que courageux héros du mouvement Soka, vous avez fermement protégé notre noble château de kosen rufu. Le temps est maintenant venu pour nous de prendre un nouveau départ ! Élançons-nous tous ensemble dans ce voyage jusqu’au sommet du XXIᵉ siècle ! »

« Merci ! » dit Shin’ichi à la fin de la chanson, en levant les bras en signe de victoire devant les membres de Taketa. Ces derniers, en retour, crièrent un hourra, en lançant leurs bras en l’air. Leurs voix ne faisaient qu’un, c’était le chant de la victoire annonçant l’aube d’une ère des personnes ordinaires.

« Jamais, tant que je serai en vie, je n’oublierai ce jour ! dit Shin’ichi. Portez-vous bien ! »

Il se mit alors en marche et les membres le suivirent, tout en discutant joyeusement.

Le Soleil de l’hiver semblait poser sur eux son doux sourire.

Au bout d’un moment, Shin’ichi s’arrêta.

« J’aimerais aujourd’hui photographier moi-même chacune et chacun d’entre vous, courageux champions de Taketa. Je graverai ainsi à jamais chacun de vos visages dans mon cœur. Je vous en prie, prenez donc place sur ces marches. »

Shin’ichi leva l’appareil dont il se servait pour photographier les paysages et appuya sur le bouton. Tous les visages étaient rayonnants.

Le château en ruines, baignant dans la lumière de la Lune, veillait depuis longtemps sur ce monde impermanent, soumis à des cycles incessants de prospérité et de déclin. Il s’était maintenant transformé en château de l’espoir et de la joie, éclairé par la lumière du Soleil, caressé par les brises du bonheur éternel, où l’on pouvait entendre résonner le chant d’une victoire éclatante.

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Après avoir pris en photo les membres de Taketa, Shin’ichi revint dans la voiture qui le ramena au parking où l’attendait le car devant le conduire à Kumamoto.

Les membres qui revenaient de l’enceinte principale du château s’attroupèrent autour du car. Shin’ichi se mêla à eux. « Menez une longue vie ! Soyez absolument heureux ! »

Il serra les mains et encouragea de nombreuses personnes, l’une après l’autre, avant de monter finalement dans le car.

Lorsque ce dernier démarra, les membres firent des signes et crièrent : « Au revoir, Sensei ! » « Merci ! » « Oita ne sera jamais vaincue ! »

En se tenant debout dans le car qui avait démarré, Shin’ichi agita vigoureusement la main devant la fenêtre. Lorsque le car s’approcha d’un virage, il changea de côté et continua à faire signe aux membres.

Un lien invisible mais solide le reliait à eux. C’était le lien de la foi, le lien engendré par le vœu qu’ils avaient fait dans le passé infiniment lointain et le lien de maître et disciple, unis autour de la cause de kosen rufu.

Shin’ichi allait ensuite se rendre pour la première fois à l’auditorium Shiragiku de la Soka Gakkai à Aso-machi [qui fait aujourd’hui partie de la ville d’Aso].

Le car quitta la préfecture d’Oita pour entrer dans celle de Kumamoto et poursuivit sa route au pied du mont Aso. Au loin, Shin’ichi et les autres passagers virent trois cerfs-volants dans le ciel. En s’approchant, ils purent distinguer leurs motifs – un lever de soleil, un lion et un jeune aigle.

« Je parie que ces cerfs-volants planent au-dessus de l’auditorium Shiragiku ! » dit Shin’ichi.

À 14 heures, le car franchit la porte principale et entra dans l’enceinte de l’auditorium. Dans un espace libre, juste avant l’entrée, quelques jeunes gens faisaient voler des cerfs-volants. L’un d’entre eux, vêtu d’un uniforme scolaire, semblait être un lycéen.

Shin’ichi descendit et dit aux responsables qui le saluaient : « Merci pour tous vos efforts ! Et maintenant, lançons-nous tous ensemble dans un nouveau combat ! »

À Kumamoto aussi, les membres avaient été confrontés à des tempêtes d’insultes et de calomnies perpétrées par des moines hostiles. En affrontant ces odieuses persécutions, ils avaient lutté vaillamment jusqu’au bout.

À chaque fois que nous parvenons à vaincre les forces démoniaques qui tentent de détruire notre mouvement, nous prenons un nouvel élan pour kosen rufu.

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Plutôt que d’entrer directement dans l’auditorium, Shin’ichi posa pour des photos à l’extérieur, avec des membres locaux. Il dialogua avec eux et les remercia de leurs efforts.

Il appela aussi le lycéen qui tenait l’un des cerfs-volants et l’encouragea sincèrement. Ce jeune homme s’appelait Yuto Homma, et il était en dernière année au lycée préfectoral.

« J’ai vu les cerfs-volants. On pouvait les voir parfaitement de très loin. Il devait faire froid à rester ainsi dehors. Merci ! J’espère que toi aussi, dans l’avenir, tu prendras librement ton envol dans les cieux. »

Shin’ichi entra alors dans le bâtiment où avait lieu une grande réunion sous la direction du président de la Soka Gakkai, Eisuke Akizuki. En parcourant la salle, Shin’ichi aperçut un jeune homme sur une chaise roulante et se dirigea directement vers lui. Il s’appelait Hironori Nonaka, était en première année de lycée et souffrait de dystrophie musculaire. En raison de son handicap, il vivait dans un établissement de santé où il suivait un traitement de longue durée.

Le jeune homme avait connu une période de tristesse et de dépression durant laquelle il ne parvenait pas à trouver de l’espoir dans l’avenir à cause de sa maladie. Mais, peu de temps auparavant, il avait eu envie de se lancer sérieusement dans la pratique du bouddhisme de Nichiren après avoir entendu l’expérience d’un jeune homme qui avait surmonté une méningite.

En voyant son fils se mettre à pratiquer avec tant d’ardeur, sa mère, Fumino, fit le serment d’accueillir Shin’ichi à Kumamoto avec une victoire personnelle : avoir amené une personne à la pratique. Auparavant, elle évitait de parler du bouddhisme aux gens qui connaissaient l’état de santé de son fils, en pensant qu’elle n’offrait pas de preuve convaincante des bienfaits de la foi dans le Gohonzon.

Mais, encouragée par le nouvel engagement de son fils dans la pratique, elle trouva le courage de se rendre avec sa fille auprès d’une mère dont l’enfant était soigné dans le même établissement de santé et pour la même maladie, afin de lui parler du bouddhisme de Nichiren.

La réponse de cette femme surprit Fumino : « Je suis impressionnée de vous voir soutenir sans cesse la lutte de votre fils contre la maladie sans jamais céder à la tentation d’abandonner. L’optimisme, l’énergie, la conviction et l’enthousiasme avec lesquels vous décrivez votre pratique du bouddhisme me touchent aussi énormément. » Cette femme décida alors de rejoindre la Soka Gakkai.

Il n’y a pas de vie sans soucis ni combats. Vivre signifie lutter contre les difficultés et le karma. La clé est de ne jamais s’écarter du Gohonzon, quoi qu’il arrive. Il est important d’avoir du courage et de l’espoir, de pratiquer vaillamment et de lutter. Cela montrera aux autres la force, l’éclat et la dignité de la vie humaine, et nous pourrons ainsi obtenir plus de compréhension et de soutien pour nos activités de pratiquants du bouddhisme de Nichiren.

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Shin’ichi posa une main chaleureuse sur l’épaule de Hironori Nonaka. « Sois fort, lui dit-il. Tout le monde a une mission particulière. Ceux qui ne se laissent pas vaincre par leurs faiblesses sont les véritables vainqueurs. »

Nonaka eut le sentiment que c’était la première fois qu’on s’adressait à lui avec de vraies paroles d’encouragement et non de simples formules de consolation.

Le lendemain, il reçut un bouquet de roses de Shin’ichi. Tout en tenant les fleurs, il éprouva une profonde gratitude d’avoir pu vivre jusqu’à ce jour.

La dystrophie musculaire de Nonaka fut diagnostiquée avant son entrée à l’école élémentaire, et son médecin avait déclaré qu’il ne vivrait probablement pas jusqu’à la fin de sa scolarité en primaire. Il dut faire la navette entre l’école et son établissement de santé et, après avoir obtenu son diplôme de fin de collège, il poursuivit ses études au lycée par correspondance. Durant toutes ces années, dix-neuf de ses amis de l’établissement de santé étaient décédés en raison de leur maladie.

Inspiré par les encouragements de Shin’ichi, il prit la détermination suivante : « Ma vie sera peut-être courte, mais je vivrai pleinement chaque journée et accomplirai ma mission ! »

L’exemple de Nonaka menant sa vie avec passion, force et énergie, tout en regardant vers l’avenir malgré les défis posés par la maladie, impressionna fortement ses camarades.

Un lycée local l’invita à raconter son expérience lors de l’un de ses festivals culturels annuels. Dans son intervention, intitulée « Le courage de vivre », il fit part de son combat contre la maladie et de ses espoirs pour l’avenir. Cela émut et inspira l’assistance.

Après avoir récité Gongyo avec les membres présents dans l’auditorium, Shin’ichi s’adressa à eux de manière détendue.

« Quel que soit notre âge, notre pratique du bouddhisme de Nichiren est absolument essentielle. On pourrait comparer notre jeunesse à un avion qui décolle, alors qu’un avion qui suit son rythme de croisière dans le ciel correspond à notre maturité. Pendant le trajet, l’appareil peut être ébranlé et secoué par les turbulences.

« Pour voler en toute sécurité et parvenir à notre destination, le bonheur, il nous faut suffisamment de carburant et un moteur puissant pour avancer. Autrement dit, nous avons besoin d’une grande force vitale. Et notre pratique bouddhique est la source de cette force. Nous avons aussi besoin d’instruments fiables qui nous permettront de garder le cap – autrement dit, d’une philosophie solide. Cette philosophie solide, c’est le bouddhisme de Nichiren. »

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« Puis vient finalement le moment où l’avion de la vie atterrit, poursuivit Shin’ichi. On dit que l’atterrissage est la partie la plus difficile du vol. Dans la vie, c’est la phase finale de notre voyage, l’instant décisif où nous descendons sur la piste, ce qui correspond pour nous à l’atteinte de la bouddhéité en cette vie. Cette phase suprême est cruciale pour couronner notre vie d’une magnifique victoire.

« J’espère que chacune et chacun d’entre vous gardera un esprit jeune malgré le passage des ans et que vous lutterez de tout votre cœur pour kosen rufu et pour le bonheur des autres, en vivant pleinement chaque journée. Tant que vous êtes en vie, ne cessez jamais de rechercher la voie, de vous dresser pour relever les défis et de garder un esprit jeune.

« Les chrysanthèmes blancs que l’on peut voir à l’extérieur [de l’auditorium Shiragiku (chrysanthèmes blancs)] et les fleurs exposées dans l’entrée et au bord des fenêtres, tout cela est la manifestation de votre sincérité, conclut Shin’ichi. Je tiens à vous applaudir, à vous faire part de ma reconnaissance et à rendre hommage aux efforts de chacune et chacun d’entre vous. Ce serait formidable si l’auditorium pouvait conserver sa décoration présente jusqu’au Nouvel An pour le plus grand plaisir de toutes les personnes qui viendront le visiter. »

Shin’ichi composa plusieurs poèmes ce jour-là. Pour les membres du département des jeunes femmes de la préfecture de Kumamoto, il écrivit :

Chrysanthèmes blancs
– Vous, jeunes femmes,
êtes comme les fleurs qui portent ce nom
lorsque vos yeux brillent
dans le crépuscule écarlate.


Et pour les membres de Taketa, dans la préfecture d’Oita :

Au château,
en entendant le chant
de la Lune au-dessus des ruines,
je me réjouis de voir le visage souriant
des membres de Taketa.


Shin’ichi et sa délégation quittèrent l’auditorium Shiragiku à Aso et parvinrent au centre culturel de Kumamoto, peu avant 18 heures. Sans prendre un seul instant de repos, Shin’ichi prit part à une réunion informelle avec des responsables de préfecture.

Pour finir, il leur dit : « Merci de m’indiquer toutes les maisons ou boutiques où je pourrai me rendre pour encourager des membres. Je veux aller dans autant de lieux que possible et rencontrer un maximum de membres. Pour que notre mouvement parvienne à un développement dynamique, il est essentiel de rencontrer les membres un à un, d’écouter leurs problèmes et leurs préoccupations, et de discuter avec eux jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits. Nous devons les inspirer par la force de notre conviction. Les encouragements personnels sont une forme de dialogue passionné, qui a pour objectif d’aider chacun à régénérer sa vie au plus profond. »