Volume 30 : Chapitre 5, Acclamations de la victoire 81–89

Acclamations de la victoire 81

Joryo Komatsuda et sa famille enchâssèrent le Gohonzon dans l’abri qui leur servait temporairement de logement et continuèrent de pratiquer avec ferveur. Ils s’affairaient sans relâche, conduisaient leur bicyclette le long des chemins étroits qui bordaient les rizières pour faire connaître le bouddhisme de Nichiren et encourager leurs compagnons de pratique.

Ils purent finalement bâtir une nouvelle maison. Beaucoup de membres de la Soka Gakkai dans le cercle familial de Joryo obtinrent de beaux succès dans la société et contribuèrent à leur environnement en devenant, par exemple, président du conseil d’administration d’un lycée ou haut fonctionnaire. Beaucoup exercèrent aussi des responsabilités au sein de la Soka Gakkai, comme Toshihisa Komatsuda, le responsable de la préfecture d’Akita.

Le secret de Joryo pour former des personnes de valeur consistait à soutenir pleinement ceux à qui il avait présenté le bouddhisme de Nichiren jusqu’à ce qu’ils acquièrent une pratique autonome. Il disait souvent à ses compagnons de pratique : « Nous avons la responsabilité de faire des activités avec ceux à qui nous avons fait connaître le bouddhisme et de les entraîner jusqu’à ce qu’ils deviennent eux-mêmes capables de partager le bouddhisme de Nichiren avec d’autres. Cela signifie qu’amener quelqu’un à la pratique implique de lui apprendre entièrement les principes essentiels de la pratique pour soi et pour les autres. »

Les responsables d’Akita avaient expliqué en détail à Shin’ichi le parcours de Joryo Komatsuda. Cet homme avait été le premier dans sa famille et dans son environnement à s’engager pour kosen rufu et il était désormais âgé de 84 ans.

Shin’ichi pensa : « Le développement phénoménal de la Soka Gakkai a été accompli grâce à ces innombrables héros inconnus. Par leur sincérité, leur persévérance et leurs efforts indicibles, ils forgèrent peu à peu de solides liens de confiance et de solidarité avec leurs familles, leurs proches et toutes les personnes de leur entourage. »

Cet après-midi-là, au centre culturel d’Akita, Shin’ichi exprima sa profonde reconnaissance envers les membres pionniers pour les efforts vraiment gigantesques qu’ils avaient accomplis. Puis il proposa de nommer celles et ceux qui avaient participé aux cérémonies de Gongyo organisées ce matin-là le groupe Tempête de neige. Et pour les participants de l’après-midi, fut créé le groupe Tourbillon.

Il y eut de longs et joyeux applaudissements.

Puis une nouvelle photo de groupe fut prise dans le parc, devant le centre. À ce moment-là, la neige avait cessé de tomber.

Le responsable de la préfecture, Toshihisa Komatsuda, proposa aux membres de crier hourra, et leurs cris de victoire s’élevèrent dans le ciel.

Pour commémorer ce jour, Shin’ichi composa un poème :

Bravant les vents froids,
les fiers et radieux membres d’Akita
recherchent joyeusement la Voie
et font avancer
kosen rufu.

Acclamations de la victoire 82

Le soir du 13 janvier, Shin’ichi assista à une conférence des responsables du département de la jeunesse de la préfecture, dans la ville d’Akita. Une réunion générale de la jeunesse de la préfecture était prévue le lendemain. Shin’ichi prit le plus de temps possible pour écouter les idées et requêtes des jeunes responsables.

Parmi les questions abordées figurait celle de la formation de personnes de valeur à travers divers groupes d’entraînement pour assurer un développement durable de kosen rufu dans leur région.

Les jeunes suggérèrent aussi d’organiser un forum international sur l’agriculture à Akita.

« Quelle bonne idée ! s’exclama Shin’ichi avec un sourire ravi. Ce genre de projet est tout à fait essentiel. Les pénuries alimentaires constituent une grave source de préoccupation dans le monde. Or, Tohoku, en tant que région agricole de premier plan, a un rôle à jouer dans ce domaine. La clé consiste à trouver des solutions aux questions urgentes auxquelles l’humanité est confrontée et à les transmettre dans le monde entier. Les initiatives de ce type devraient partir, non pas de Tokyo ou d’autres grandes métropoles, mais de régions et de communautés rurales. Cela permettra d’ouvrir également de nouveaux horizons pour Akita.

« Les jeunes devraient toujours se soucier des problèmes auxquels les gens sont confrontés et rechercher ce qui doit être fait pour développer leur environnement. Par leur réflexion, ils devraient sortir des sentiers battus et trouver des solutions créatives. Vous ne pourrez rien changer si vous vous contentez d’abandonner en pensant que c’est impossible. Décidez de trouver un moyen d’y arriver, puis poursuivez votre réflexion, lancez-vous des défis et persévérez à travers les essais et les erreurs. Avoir une telle passion permettra de changer l’époque. Telle est la mission de la jeunesse. »

Shin’ichi poursuivit, avec le désir de confier l’avenir aux jeunes : « Aujourd’hui, Tohoku et le Hokkaido sont connus pour leurs rizières, mais, dans les temps passés, on pensait que cultiver du riz dans des contrées aussi froides était trop difficile. Pourtant, les gens ont rendu cela possible en travaillant sans relâche pendant de nombreuses décennies à l’amélioration des variétés de riz.

« Dans le même esprit, un de nos membres de la République dominicaine a réussi, avec beaucoup d’ingéniosité et d’efforts, à confectionner des sortes d’awaokoshi [une confiserie traditionnelle japonaise fabriquée à partir de millet soufflé] avec du riz.

« À Akita, vous pourriez notamment réfléchir à l’usage que vous pourriez faire de toute cette neige ! Si quelqu’un pouvait trouver une idée vraiment intéressante, cela aurait un impact majeur sur votre région. Se lancer sérieusement des défis sur tous les sujets, telle est la clé. Vous ne pourrez ouvrir la voie à un avenir plus brillant qu’à la condition de ne pas ménager vos efforts. »

Dès lors que nous avons décidé d’améliorer les choses, notre potentiel se développe à l’infini et de nouvelles portes s’ouvrent.

Acclamations de la victoire 83

« Si vous vous efforcez de réaliser quelque chose ou de l’améliorer, poursuivit Shin’ichi, il est certain que vous vous heurterez à des obstacles et que vous serez confrontés à des contradictions. En fait, le monde est plein de contradictions. Mais nous devons continuer d’aller de l’avant, jour après jour, avec sagesse et persévérance. C’est d’autant plus important pour nous qui voguons sur une voie nouvelle inexplorée, celle du kosen rufu mondial. C’est un parcours jalonné de difficultés. Vous devez prendre l’initiative avec un esprit autonome !

« Chacune et chacun de vous doit devenir un Shin’ichi Yamamoto. Si vous vous dressez toutes et tous avec cet état d’esprit, le XXIᵉ siècle sera un siècle d’espoir illimité. Faisons de la réunion générale du département de la jeunesse de la préfecture, qui aura lieu demain, le point de départ. »

Dans le journal Seikyo du 14 janvier, le titre « Les fiers membres d’Akita bravent la neige et transforment joyeusement l’hiver en printemps » s’étendait sur les deuxième et troisième pages, qui étaient entièrement dévolues aux deux photos de groupe de la veille, où l’on voyait Shin’ichi poser dans la neige avec les membres.

La neige continua à tomber abondamment le 14 janvier et, durant toute la journée, les températures restèrent négatives. À l’intérieur du centre culturel d’Akita, Shin’ichi composa des poèmes pour les membres pionniers qui avaient apporté d’importantes contributions à kosen rufu, et il inscrivit des calligraphies indiquant le nom des chapitres locaux.

La vie de celles et ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes à chaque instant, jour après jour, brille comme de l’or.

Shin’ichi encouragea aussi Joryo Komatsuda, le premier responsable de district d’Ota, dans le comté de Semboku, et son épouse, Miyo, qui étaient venus au centre culturel.

« Je prie pour votre santé et votre longévité. Vous voir en bonne santé et en pleine forme est une source de fierté pour tous. Je vous demande aussi de prendre bien soin de tous les membres. »

Par la suite, Shin’ichi alla voir une sorte d’igloo, communément appelé au Japon un kamakura, que des membres du chapitre Sanno et d’autres avaient construit dans un coin du parc situé devant le centre. Ces huttes de neige sont la principale attraction du traditionnel festival d’hiver Kamakura, qui se tient à Yokote, dans la préfecture d’Akita, et dans d’autres régions du Japon.

Un peu plus tôt, alors qu’il inscrivait des calligraphies à l’intérieur du centre, Shin’ichi avait vu à travers la fenêtre les membres s’affairer à construire le kamakura tandis que la neige tombait. Shin’ichi fut touché par les attentions de ces nobles membres qui souhaitaient lui montrer l’une des plus belles traditions d’Akita en hiver. Il voulut alors répondre à leur sincérité.

Acclamations de la victoire 84

Shin’ichi composa rapidement un poème exprimant sa gratitude envers celles et ceux qui avaient bâti le kamakura, puis il le transcrivit sur une jolie carte pour le leur offrir.

Quelle joie de voir
de jeunes amis bâtir
un
kamakura
– J’entends retentir la mélodie du printemps
à Akita.

Il alla ensuite visiter la hutte de neige avec son épouse, Mineko.

Elle s’étendait sur une surface d’environ sept mètres carrés et l’on avait installé un tapis à l’intérieur. Le lieu était éclairé par des bougies.

« Depuis mon enfance, j’ai toujours eu envie d’entrer dans un kamakura, dit Shin’ichi à leur guide. Je suis vraiment heureux de voir aujourd’hui mon rêve devenir réalité. »

Il était assis à l’intérieur avec Mineko et dégustait un amazake1 bien chaud lorsqu’ils entendirent de joyeux chants d’enfants : « Tombent la neige et le grésil […]. » C’était une chorale des membres du département des filles et des garçons des environs.

Shin’ichi sortit du kamakura pour les saluer.

« Merci », dit-il en leur serrant la main. Puis il posa avec eux pour une photo.

Il se fit aussi photographier avec des collégiens, un groupe de jeunes femmes de la préfecture d’Iwate et d’autres.

Il remercia et félicita celles et ceux qui avaient bâti la hutte de neige et les appela tous ensemble le groupe Kamakura.

S’efforcer de faire même de la plus brève rencontre une source d’inspiration nouvelle et durable est le véritable esprit des encouragements dans la foi.

Connue au sein de la Soka Gakkai sous le nom de « championne de la côte nord-ouest du Japon » et de « championne de Tohoku », la préfecture d’Akita s’apprêtait à prendre son envol vers l’avenir. Le soir du 14 janvier, alors que la neige tombait, mille cinq cents représentants de toute la préfecture se rassemblèrent joyeusement à l’occasion de la première réunion générale du département de la jeunesse de la préfecture au centre culturel d’Akita, où Shin’ichi s’était installé durant sa visite.

Lors de cette réunion, il fut annoncé que la première conférence mondiale de la jeunesse sur l’agriculture aurait lieu à Akita en septembre de cette année-là et qu’un festival sportif de l’amitié se déroulerait en plein air, au mois de mai de l’année suivante [1983].

À la suite d’une suggestion de Shin’ichi, on annonça aussi que les participants de cette réunion générale seraient appelés la « Première promotion de 2001 » avec comme objectif d’avancer ensemble vers le 3 mai 2001.

Ces annonces ravirent tout le monde et, le cœur plein d’espoir, tous les participants renouvelèrent leur détermination.

Acclamations de la victoire 85

Plus tard, en fin d’après-midi, Shin’ichi se rendit chez une famille de pionniers. C’était sa cinquième visite de ce type depuis son arrivée à Akita. Puis il revint au centre, impatient de rencontrer les membres du département de la jeunesse qui porteraient l’avenir.

Après s’être joint à leur réunion, il posa pour deux photos de groupe, respectivement avec les jeunes hommes et les jeunes femmes, pour célébrer la mise en place de la Première promotion de 2001. Avec le désir de tout confier à la jeunesse, il s’assit ensuite devant le micro et dit :

« La façon dont nous utilisons notre temps est une question cruciale. Quelqu’un a dit un jour que la clé du succès dans la vie dépend de l’usage que vous faites des heures qui suivent le travail, généralement entre 18 et 20 heures.

« Naturellement, il est nécessaire de faire au mieux votre travail, mais accomplir ensuite des activités auxquelles vous croyez fera sans aucun doute toute la différence dans votre vie. Pour nous, ce sont les heures que nous consacrons à nos activités de la Soka Gakkai.

« Ce sont des actions destinées à créer notre bonheur et notre prospérité durables et ceux des autres. Elles constituent un moyen de contribuer à notre environnement et de bâtir une paix durable dans le monde. Elles nous procurent de la joie et nous permettent de découvrir la véritable signification de la vie. En accomplissant régulièrement ce type d’actions, nous brisons les murs de la solitude et de l’aliénation caractéristiques de la société d’aujourd’hui et unissons les cœurs des êtres humains.

« Continuez de lutter toute votre vie durant et ne vous écartez jamais de cette voie des activités de la Soka Gakkai. »

La voix de Shin’ichi se fit de plus en plus passionnée : « C’est à vous, les jeunes, que je confie entièrement l’avenir de kosen rufu. Les dix prochaines années seront donc une période de transition majeure pour notre mouvement, et c’est pourquoi je vous encourage à vous forger et à vous entraîner par l’étude et l’effort.

« J’aimerais en particulier que vous puissiez acquérir une connaissance précise des principes essentiels du bouddhisme de Nichiren, qui est une philosophie de vie. Toutes les personnes remarquables se sont entraînées et ont travaillé et étudié plus que quiconque. Aujourd’hui, en tant que philosophes appelés à devenir de grands dirigeants parmi les personnes ordinaires, vous devez pratiquer et étudier en profondeur les enseignements bouddhiques, qui sont le fondement de toutes choses. Telle est la noble voie de la victoire en tant qu’être humain. »

À ce moment-là, les graines d’un serment furent plantées dans le cœur des jeunes d’Akita et de Tohoku. C’était le serment de faire résonner les acclamations de la victoire au XXIᵉ siècle.

Acclamations de la victoire 86

Quels que soient les changements liés à l’époque, si un courant régulier de jeunes gens apparaissent sur la scène de kosen rufu, il est certain que le puissant fleuve du mouvement Soka grandira et s’écoulera loin, vers l’avenir.

Shin’ichi lança cet appel dans son cœur : « C’est à toi, jeunesse, que je confie la Soka Gakkai, kosen rufu, le monde et le XXIᵉ siècle ! »

L’auteur japonais Shugoro Yamamoto (1903-1967) a écrit : « Ce qui doit grandir grandira, aussi rudes que soient les éléments2. »

Shin’ichi était convaincu que ces jeunes gens joueraient un rôle actif en tant que dirigeants du nouveau siècle et qu’ils élargiraient le cercle de la confiance et de l’amitié dans la société et multiplieraient le nombre des successeurs de valeur.

Nichiren a écrit : « Même une seule graine, lorsqu’elle est plantée, se multiplie. » (WND-II, 602)

Shin’ichi continua de semer les graines de l’inspiration, de l’engagement et du courage dans le cœur des jeunes. Cela nécessitait des efforts intenses dans lesquels il engageait toute sa vie. Mais, sans cela, il n’y avait pas d’espoir d’un avenir plus brillant.

Plus nous lutterons pour permettre à d’autres personnes de se renforcer, et plus s’étendra le magnifique jardin des fleurs humaines.

Le 15 janvier, Shin’ichi participa à une cérémonie de Gongyo avec des représentants des préfectures d’Akita et d’Oita pour célébrer leur jumelage. Puis il quitta le centre culturel d’Akita.

En route vers l’aéroport, il demanda au chauffeur de faire un détour par le centre bouddhique d’Akita où se tenait une exposition consacrée à ses actions pour la paix.

En approchant du centre, il put voir plusieurs dizaines de jeunes qui attendaient devant. Ils tenaient une grande banderole sur laquelle était inscrit « Merci Sensei », en lettres rouges. Shin’ichi sourit et leur fit un signe enthousiaste de la main.

Les jeunes lui firent signe à leur tour en criant « Merci ! », « Akita luttera de toutes ses forces ! », « Nous attendons votre prochaine visite ! »

Bien que ce fût une brève rencontre, à travers les vitres d’un car, il y eut un dialogue de cœur à cœur. C’était un moment inoubliable qui perdurerait éternellement, tel un magnifique tableau.

Shin’ichi avait le sentiment que ces six journées passées à Akita brilleraient avec éclat dans l’histoire de kosen rufu comme un chapitre crucial de la spectaculaire contre-offensive de la Soka Gakkai en réponse à l’oppression du clergé.

Acclamations de la victoire 87

Le 7 février, peu après son retour de son voyage d’encouragement à Akita, Shin’ichi se rendit dans la préfecture d’Ibaraki.

Ibaraki avait aussi dû faire face à une tempête d’attaques ignobles dirigées contre la Soka Gakkai par les moines du groupe Shoshin-kai. Le centre du secteur de Kashima, en particulier, avait dû lutter pour protéger les membres de ces attaques. À Kashima, Itako, Ushibori, Hasaki et dans d’autres lieux, beaucoup d’entre eux, trompés par les belles paroles des moines, avaient quitté l’organisation pour devenir des membres danto, qui manifestaient leur hostilité à l’égard de la Soka Gakkai.

Même si les moines calomniaient sans relâche la Soka Gakkai lors des cours mensuels sur les écrits de Nichiren au temple, des cérémonies de funérailles et d’autres cérémonies bouddhiques, les membres persévérèrent avec courage.

En février 1979, un temple que la Soka Gakkai avait construit et offert à la Nichiren Shoshu fut inauguré à Kamisu, dans le secteur de Kashima. Les membres espéraient que, dans ce temple au moins, ils entendraient des messages purs fondés sur la foi. Mais, lors de l’inauguration et de la cérémonie d’enchâssement du Gohonzon, le moine principal qui venait d’être nommé dans ce temple accusa la Soka Gakkai d’offenser la Loi. Son comportement bafouait la sincérité des membres, leurs prières et leurs efforts pour réaliser kosen rufu et pour créer des relations harmonieuses entre moines et laïcs. Les critiques et attaques contre la Soka Gakkai s’intensifièrent aussi à Ryugasaki et dans la zone située au sud du mont Tsukuba [qui correspond à la ville actuelle de Tsukuba].

Ce que déploraient le plus les membres, c’était que certains de leurs compagnons de croyance qui, quelques jours auparavant, parlaient encore d’œuvrer avec eux pour kosen rufu durant toute leur vie, s’étaient écartés de la foi et avaient changé totalement d’attitude, sans se rendre compte qu’ils étaient en fait manipulés par des moines malveillants.

« La vérité finira par éclater ! Nous devons montrer que la Soka Gakkai suit une voie juste. » Avec ce vœu, les membres décidèrent d’œuvrer avec ardeur pour kosen rufu et d’apporter la douceur du printemps sur leur terre natale. Ils chantaient souvent le chant de leur préfecture, Une vie de victoire, dont les paroles avaient été composées pour eux par Shin’ichi en octobre 1978.

Mon ami, même si tu traverses actuellement une phase difficile, un jour
les vents dorés de
kosen rufu souffleront
et tes acclamations joyeuses célébrant la victoire
résonneront à travers les cieux.

Ah, qu’ils sont nombreux les héros d’Ibaraki.

Chaque vers transmettait clairement les espoirs et les prières de Shin’ichi. Tous les membres développèrent ainsi dans leur cœur la forte détermination de devenir des héros qui demeurent invaincus.

Acclamations de la victoire 88

Dans l’après-midi du 7 février, Shin’ichi se rendit au centre des femmes de la Soka Gakkai de Mito, puis au centre culturel d’Ibaraki dans la ville afin de participer à une réunion des représentants de la préfecture célébrant l’ouverture de ce centre.

« Durant ma visite, dit-il lors de cette réunion, j’aimerais rencontrer autant de membres que possible, leur proposer des objectifs qui leur donnent de l’espoir et prendre un nouveau départ vers le siècle à venir. »

Le lendemain, 8 février, il assista à une réunion des responsables de la préfecture célébrant également l’ouverture du centre. Il y parla de la raison essentielle qui avait conduit certains responsables de la Soka Gakkai à abandonner la pratique.

« Le point commun à ces personnes qui ont perdu la pureté de la foi, c’est l’arrogance. C’est là, j’en suis convaincu, la cause majeure.

« En fait, arrogance et lâcheté ou paresse sont les deux faces d’une même pièce. C’est pour cela que les personnes arrogantes ne prennent pas de responsabilités pour kosen rufu et évitent les nouveaux défis ou les épreuves. De ce fait, ils ne connaissent ni progression, ni développement. Leur foi stagne, leur ego prend le dessus et la colère envahit leur vie. Dans bien des cas, cela les conduit à entraver la marche vers kosen rufu.

« De plus, presque toujours, les personnes arrogantes négligent la pratique de Gongyo. Consumées par l’arrogance, elles prennent à la légère les principes essentiels de la foi.

« Certains, qui sont devenus responsables à un jeune âge et se trouvent en position de donner des encouragements, succombent à l’illusion qu’ils ont plus de capacités qu’ils n’en ont réellement. Ils deviennent arrogants et méprisent les autres. Mais une fonction ne fait pas de vous quelqu’un de remarquable. Vous devenez remarquables lorsque vous remplissez la mission et les responsabilités liées à cette fonction en ne ménageant pas vos efforts.

« N’oubliez jamais qu’une fonction n’est qu’une fonction et que chaque membre a une mission ou un rôle unique à jouer. C’est seulement quand des personnes de toutes sortes s’unissent et œuvrent ensemble que kosen rufu peut progresser. Votre fonction ne signifie en rien que vous êtes au-dessus ou supérieur à qui que ce soit.

« Durant plus de trente ans, j’ai eu l’occasion d’observer de nombreux membres. De ce fait, je peux affirmer que ceux qui se lancent dans des intrigues ne restent pas longtemps, que les fourbes se retrouvent toujours dans une impasse et que ceux qui ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels se laissent facilement ballotter.

« En définitive, ce sont les personnes dotées d’un véritable esprit de recherche, d’une foi sincère et constante, et bien ancrées dans le quotidien, qui sont des vainqueurs dans la vie. »

Acclamations de la victoire 89

Le 9 février, eut lieu une cérémonie de Gongyo pour célébrer l’ouverture du centre culturel d’Ibaraki. Shin’ichi assista également à cette réunion et encouragea deux mille membres de Mito, Kashima et Hitachi : « Un autre nom donné au Bouddha est “le héros du monde” – celui qui guide avec courage et vigueur le peuple dans le monde réel. C’est pour cela que nous, en tant que disciples de Nichiren, le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, devons devenir des responsables de valeur qui gagnent la confiance des autres en affrontant les vagues déchaînées de la société.

« Mais il y a aussi un autre nom pour désigner le Bouddha : “Celui qui endure.” C’est une personne qui apparaît dans le monde saha, le monde de l’endurance, dans une ère mauvaise ternie par les cinq impuretés3 et qui peut endurer la méchanceté et inclure les autres êtres humains dans sa compassion. Quand nous réfléchissons aux grandes persécutions auxquelles Nichiren a été confronté, nos difficultés apparaissent en fait bien mineures. La foi nécessite de la persévérance. En tant que disciples de Nichiren, établissez une foi forte et inébranlable ! Faites face aux tempêtes de la réalité, endurez-les et brandissez la bannière de la victoire dans la vie ! »

Le 10 février, Shin’ichi se rendit dans la ville de Hitachi et participa à une cérémonie de Gongyo, célébrant le 5ᵉ anniversaire du centre local de la Soka Gakkai.

Il dit aux membres : « Tokugawa Mitsukuni, le deuxième seigneur du domaine de Mito, vit un jour le Soleil se lever ici, au-dessus de l’océan, et déclara que c’était le spectacle le plus magnifique qu’il ait jamais vu dans la région. C’est pour cela qu’ils appelèrent cet endroit Hitachi, c’est-à-dire “le soleil levant”. Je propose donc que nous changions la façon d’écrire le nom du centre général Hitachi, en remplaçant les caractères actuels par ceux signifiant “soleil levant”. »

Cette proposition fut saluée par de joyeux applaudissements.

Le 11 février, Shin’ichi posa pour une photo de groupe avec les 3 500 participants de la réunion générale du département de la jeunesse de la préfecture dans le jardin du Soleil levant, situé dans l’enceinte du centre culturel d’Ibaraki. Deux groupes furent créés – les groupes de l’an 2000 des jeunes hommes et des jeunes femmes d’Ibaraki.

Le même jour, Shin’ichi se rendit pour la première fois dans le centre de la Soka Gakkai de Kashima. Kashima était une zone où les troubles avec les moines avaient été tout particulièrement marqués. Dans le centre, il dirigea solennellement une cérémonie de Gongyo célébrant l’anniversaire de la naissance du deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, avant d’assister à une conférence à Hokota avec des représentants du centre du secteur de Kashima.

Le lendemain, 12 février, Shin’ichi se rendit en voiture à Tsuchiura en passant par Ishioka où il participa à une cérémonie de Gongyo célébrant le 3ᵉ anniversaire du centre culturel de Tsuchiura. Là encore, il posa pour une photo de groupe à l’extérieur du centre. Il consacrait chaque instant à encourager les membres.

Puis Shin’ichi poursuivit son programme chargé. Il se rendit dans des petites et grandes villes de tout le Japon afin d’y rencontrer des membres, les précieux enfants du Bouddha. Ces héros du mouvement Soka étaient restés fidèles à la noble voie de kosen rufu tout en endurant les attaques des moines autoritaires. Il voulait faire leur éloge et les encourager afin qu’ils puissent faire entendre les acclamations de la victoire dans la lutte commune du maître et des disciples.

Les membres avaient remporté la victoire. Ils avaient surmonté une autre épreuve gigantesque. Leur chant triomphal résonnait dans les cieux de l’espoir.

(Cela conclut le cinquième chapitre du trentième volume de La Nouvelle Révolution humaine, intitulé « Acclamations de la victoire »

  • *1Amazake : une boisson traditionnelle, douce et non alcoolisée, fabriquée à partir de riz fermenté.
  • *2Traduit du japonais. Shugoro Yamamoto, Yamamoto Shugoro kara no Tegami (Lettres de Shugoro Yamamoto), édité par Yuzo Toki, Tokyo, Miraisha, 1984, p. 34.
  • *3Cinq impuretés : ou cinq souillures. Il s’agit de l’impureté de l’époque, du désir, des êtres vivants, de la pensée (ou des conceptions) et de la durée de la vie. Cette expression apparaît dans le chapitre « Moyens opportuns » (2ᵉ) du Sûtra du Lotus : (1) l’impureté de l’époque comprend les perturbations répétées de l’environnement social ou naturel ; (2) l’impureté du désir est la tendance à se laisser gouverner par les cinq passions illusoires, c’est-à-dire l’avidité, la colère, la stupidité, l’arrogance et le doute ; (3) l’impureté des êtres vivants est le déclin physique et spirituel des êtres humains ; (4) l’impureté de la pensée, ou impureté des conceptions, est la prévalence de vues erronées telles que les cinq points de vue erronés ; (5) l’impureté de la durée de la vie est le raccourcissement de la longévité des êtres vivants.